jeudi 12 juillet 2012

10. L’interaction entre plusieurs groupes sociaux sur Facebook en contexte de mobilisation étudiante à l’UQTR



À l’hiver 2012 s’est mis en place un mouvement d’origine étudiante en lien avec les décisions politiques au niveau de l’éducation par le gouvernement en place. Celles-ci ont suscité grogne et frustration chez certains étudiants et des actions ont été mises en places. Précisément à l’UQTR, la participation aux votes associatifs ont battu des records de participation et, pour la première fois de l’histoire de l’UQTR, une grève générale illimitée a été déclenchée. Ayant été à la fois spectatrice et actrice de ce mouvement à la petite échelle Trifluvienne, je me permets de faire le portrait des groupes sociaux, tels que définis dans la théorie du cours, afin de rendre celle-ci concrète. L’histoire démontrera également comment Facebook a pu servir, via le partage des groupes, d’outil de mobilisation.


Il existe divers genres de groupes sociaux, par exemple, « les communautés, les réseaux, les institutions et les équipes. » (Réf 1) 
L’on peut définir la communauté « comme un groupe social avec un ancrage local, géographique. Dans une communauté, les gens se côtoient quotidiennement, ils « vivent ensemble ». » (Réf 1). Dans l’exemple, la communauté pourrait être l’ensemble de la communauté étudiante de l’UQTR : une dizaine de milliers d’étudiants regroupés sous une même association représentative et qui se côtoient à chaque semaine sur le même campus, de près ou de loin. Cependant, il serait plus précis de dire que la communauté ici était en fait le rassemblement d’étudiants pour la grève générale illimitée ou contre la décision politique prise, qui se côtoyaient à chaque jour de grève, sur le campus universitaires ou dans les divers groupes créés sur Facebook.

L’on sait que « le réseau se construit par des contacts individuels. En ce sens, le réseau se construit depuis le bas vers le haut : des liens dyadiques (entre paires d’individus) en viennent à créer une structure plus vaste » (Réf 1). Ainsi, le réseau serait l’ensemble de gens aux limites non définies créé par le regroupement des amis des amis des étudiants faisant partis des groupes.  Les amis des amis des étudiants, en se réseautant, on permit d’agrandir les groupes et ont amené eau au moulin en termes de quantité d’information partagée.

Un autre genre de groupe est l’institution. Celle-ci peut être définie par « un groupe social stable, généralement hiérarchisé, qui se maintient grâce à une organisation formelle » (Réf 1). L’institution, ici, pourrait être l’université, mais il est plus cohérent de dire qu’elle serait, en fait, l’Association générale des étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Celle-ci était le point d’ancrage de tous les comités créés de façon ad hoc suite au vote de grève générale illimitée.

Le dernier genre de groupe social mentionné est une équipe « conçue comme un groupe social orienté vers un but commun. » (Réf 1). Ici, mentionnons que les équipes pourrait être tous les comités formés ici et là, de façon physique ou virtuelle, et ayant un but spécifique à atteindre (mobilisation, information, sensibilisation, logistique, etc.).

Dans cet exemple concret, on a pu clairement apercevoir comment les outils du Web social peuvent influencer la sphère publique en donnant une voix à une minorité ou en laissant de propager haut et fort un message que plusieurs mentionnaient à faible voix : 
« Le partage de ce jugement entre des blogueurs qui se croyaient minoritaires donne de l’assurance aux gens pour s’opposer aux lectures officielles, notamment les institutions légitimes, les médias de masse ou même les spécialistes établis dans leur sphère d’activité. Ce processus n’aurait jamais pu fonctionner auparavant. Il fallait un système où l’information circule librement, à moindre coût, ainsi que le mécanisme des hyperliens via les moteurs de recherche pour faire émerger l’information. » (Réf 2).


Effectivement, les médias sociaux ont permis aux groupes revendicateurs de se faire entendre, de montrer qu’ils étaient en fait nombreux et ont créé par le fait même un engouement face à la cause. Un autre aspect intéressant de ces outils est qu’ils ont permis aux militants qui ne pouvaient être présents aux activités de manifestation de quand même participer au moussage, au maintien et à l’évolution du mouvement de derrière leur écran. Le partage constant d’informations de multiples sources a permis, comme lors de certaines autres crises politiques ailleurs dans le monde, de s’assurer que l’information non manipulée par les médias, par exemple, puisse être connue.



(Réf 1: Section 6.2.2 des notes de cours
Réf 2 : Section 4.5.1 des notes de cours)

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